MaPrimeAdapt’ est une subvention de l’Anah qui finance entre 50 % et 70 % des travaux d’adaptation du logement à la perte d’autonomie, dans la limite de 22 000 € HT de travaux. Elle s’adresse aux personnes de 70 ans et plus, aux personnes de 60 à 69 ans en perte d’autonomie, et aux personnes en situation de handicap, sous conditions de ressources.
Lancée le 1er janvier 2024, cette aide a permis d’adapter plus de 73 000 logements en deux ans. Elle a toutefois été suspendue fin 2025 faute de budget voté, avant de rouvrir le 23 février 2026 avec des plafonds de ressources revalorisés.
Ce guide détaille les critères d’éligibilité actualisés, les montants exacts, le bilan chiffré du dispositif et les démarches à suivre pour déposer un dossier en 2026.
MaPrimeAdapt’ : une aide unique qui a remplacé plusieurs dispositifs
MaPrimeAdapt’ est une subvention versée par l’Agence Nationale de l’Habitat (Anah) pour financer les travaux qui permettent à une personne âgée ou en situation de handicap de continuer à vivre chez elle en sécurité.
Depuis le 1er janvier 2024, elle remplace trois dispositifs qui coexistaient auparavant : l’aide « Habiter Facile » de l’Anah, l’aide « Habitat et Cadre de vie » de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav), et le crédit d’impôt pour l’autonomie. Cette fusion vise un objectif de guichet unique, porté par le décret n° 2023-1258 du 22 décembre 2023.
L’ambition affichée par le Gouvernement est d’adapter 680 000 logements sur dix ans, dont 250 000 sur la période 2023-2027, pour répondre au vieillissement démographique et prévenir les chutes domestiques, responsables chaque année d’environ 135 000 hospitalisations.
Qui est éligible à MaPrimeAdapt’ en 2026 ?
L’éligibilité repose sur trois conditions cumulatives : le profil du demandeur, le logement concerné, et le niveau de ressources du foyer.
La condition de profil
Trois catégories de public peuvent déposer une demande :
- les personnes de 70 ans et plus, sans aucune condition de perte d’autonomie ;
- les personnes de 60 à 69 ans, classées en GIR 1 à 6 selon la grille AGGIR ;
- les personnes en situation de handicap, quel que soit leur âge, avec un taux d’incapacité d’au moins 50 % reconnu par la MDPH, ou bénéficiaires de la Prestation de Compensation du Handicap (PCH).
Le critère déterminant n’est pas l’âge du résident ni ses revenus, mais le statut administratif de la résidence.
MaPrimeAdapt’ finance 50 % à 70 % des travaux d’adaptation du logement à la perte d’autonomie, dans la limite de 22 000 € HT, pour les personnes de 70 ans et plus, celles de 60 à 69 ans en perte d’autonomie, et les personnes handicapées, sous conditions de ressources fixées par l’Anah.
La condition de logement
Le logement doit constituer la résidence principale du demandeur, occupée au moins huit mois par an. Il doit se situer en France métropolitaine ou dans les départements et régions d’Outre-mer.
L’aide s’adresse aux propriétaires occupants ainsi qu’aux locataires du parc privé, ces derniers devant informer leur bailleur du projet de travaux. Les propriétaires bailleurs relèvent, eux, d’un volet spécifique de l’aide, détaillé plus loin.
La condition de ressources
Le taux de prise en charge dépend du Revenu Fiscal de Référence (RFR) du foyer, tel qu’il figure sur l’avis d’imposition de l’année précédente. L’Anah distingue deux catégories : les ménages aux revenus très modestes et les ménages aux revenus modestes.
Les plafonds sont revalorisés chaque année pour tenir compte de l’inflation et diffèrent selon la zone géographique (Île-de-France ou reste du territoire) et la composition du foyer. Le tableau ci-dessous donne un ordre de grandeur pour une personne seule et un couple, hors Île-de-France.
Ces montants sont donnés à titre indicatif : ils doivent être vérifiés au cas par cas sur le simulateur officiel de l’Anah, disponible sur france-renov.gouv.fr, seul outil garantissant l’exactitude du barème applicable au moment de la demande.
Les ménages aux revenus intermédiaires ou élevés sont-ils éligibles ? Non. Contrairement à certaines idées reçues, MaPrimeAdapt’ est réservée aux catégories modestes et très modestes du barème Anah. Le crédit d’impôt autonomie, qui pouvait auparavant compléter le dispositif pour les revenus intermédiaires, a été supprimé depuis le 1er janvier 2026.
Quels travaux sont financés par MaPrimeAdapt’ ?
Les travaux éligibles se répartissent en trois grandes catégories :
- Adaptation de la salle de bains : douche de plain-pied (dite « à l’italienne »), remplacement de baignoire, barres d’appui, siège de douche.
- Accessibilité du logement : monte-escalier, rampe d’accès, plateforme élévatrice, élargissement des portes.
- Autres travaux d’adaptation, y compris extérieurs, et équipements de domotique médicale : commandes vocales, chemins lumineux, automatisation des volets et des ouvrants, intégrés à la liste des équipements finançables depuis 2026.
Les travaux annexes rendus nécessaires par le projet principal (reprise de carrelage, changement de revêtement de sol) peuvent également être pris en charge, dans la limite du plafond global fixé.
Quel montant peut-on obtenir avec MaPrimeAdapt’ ?
Le montant de l’aide dépend du taux de prise en charge attribué et du plafond de dépenses retenu par l’Anah :
Ce plafond de 22 000 € HT s’apprécie sur une période glissante de cinq ans : un ménage ayant utilisé l’intégralité de son plafond en 2026 ne pourra prétendre à un nouveau financement MaPrimeAdapt’ qu’à partir de 2031, sauf reliquat non consommé.
Le cas des propriétaires bailleurs
Les propriétaires qui louent leur bien à une personne remplissant les critères de MaPrimeAdapt’ peuvent solliciter une aide spécifique : jusqu’à 21 000 €, correspondant à 35 % du financement d’un plafond de travaux de 750 € HT par m², limité à 80 m² par logement. Cette aide impose une contrepartie : le conventionnement du logement avec l’Anah pour une durée minimale de six ans, avec accès possible au dispositif fiscal Loc’Avantages.
Le cas des copropriétés
Pour l’amélioration de l’accessibilité des parties communes (rampe, ascenseur, éclairage adapté), l’Anah finance 50 % des travaux votés en assemblée générale, dans la limite de 20 000 € de dépenses subventionnables par hall rendu accessible. La demande doit être portée par le syndicat des copropriétaires.
Le bilan chiffré de MaPrimeAdapt’ depuis 2024
Le dispositif a connu une montée en charge rapide depuis son lancement, selon les chiffres officiels publiés par l’Anah :
Sur l’année 2025, la répartition des dossiers financés se décompose ainsi : environ 32 000 logements adaptés pour le maintien à domicile de seniors, plus de 4 100 logements aménagés pour une situation de handicap, et plus de 500 opérations dédiées à l’accessibilité de copropriétés.
Un enseignement notable du bilan 2024 : 72 % des ménages aidés ne justifiaient d’aucun classement GIR au moment de leur demande, ce qui confirme la logique préventive du dispositif, davantage tourné vers l’anticipation de la perte d’autonomie que vers sa prise en charge curative.
MaPrimeAdapt’ a-t-elle atteint ses objectifs ? Partiellement. Si la dynamique de la première année a dépassé les attentes (+41 % par rapport aux anciens dispositifs cumulés), l’objectif annuel de 45 000 logements adaptés n’a pas été atteint en 2025, et la suspension budgétaire de fin d’année a ralenti la dynamique en cours d’exercice.
Le point sur la suspension et la réouverture en 2026
MaPrimeAdapt’ a été suspendue au 31 décembre 2025, dans un contexte de vote tardif de la loi de finances 2026, entraînant un blocage temporaire de l’instruction des dossiers. Le dispositif a rouvert le 23 février 2026, avec un budget reconduit et des plafonds de ressources revalorisés pour tenir compte de l’inflation.
Depuis le 17 août 2026, l’ensemble des démarches liées aux aides de l’Anah (MaPrimeAdapt’, MaPrimeRénov’, Ma Prime Logement Décent) s’effectuent via un compte personnel unique, créé directement sur la plateforme france-renov.gouv.fr, en remplacement de l’ancien site monprojet.anah.gouv.fr.
Comment faire une demande de MaPrimeAdapt’ ?
La démarche suit un parcours en plusieurs étapes, encadré par un accompagnement obligatoire.
- Créer un compte sur france-renov.gouv.fr et vérifier son éligibilité via le simulateur officiel.
- Faire réaliser un diagnostic autonomie par un Assistant à Maîtrise d’Ouvrage (AMO) agréé par l’Anah, obligatoire pour tout dossier MaPrimeAdapt’.
- Obtenir des devis auprès d’entreprises pour les travaux préconisés par l’AMO.
- Déposer le dossier de demande de subvention avant tout commencement des travaux : démarrer un chantier avant l’accord de l’Anah entraîne la perte du droit à l’aide.
- Recevoir la notification d’accord, réaliser les travaux, puis transmettre les factures pour le versement de la subvention.
Depuis 2026, l’accompagnement par l’AMO évolue : il n’existe plus de formule allégée dite « socle ». L’accompagnement complet est facturé 600 € TTC, ou 800 € TTC lorsqu’il inclut un rapport d’ergothérapie, ce coût pouvant être pris en charge en tout ou partie par l’Anah ou par la collectivité selon les territoires.
MaPrimeAdapt’ est-elle cumulable avec d’autres aides ?
Oui, dans la limite d’un financement total ne dépassant pas 100 % du coût des travaux.
- MaPrimeRénov’ : cumulable pour un chantier mixte, combinant adaptation à la perte d’autonomie et rénovation énergétique.
- APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie) : peut compléter le financement de certains équipements liés au plan d’aide.
- PCH (Prestation de Compensation du Handicap) et AAH : cumulables pour les bénéficiaires concernés.
- Aides des caisses de retraite complémentaire (Agirc-Arrco, Ircantec) et aides locales (communes, intercommunalités, conseils départementaux) : peuvent intervenir en cofinancement du reste à charge.
Que faire en cas de refus du dossier ?
Un refus intervient le plus souvent pour deux motifs : un dépassement des plafonds de ressources, ou un logement non éligible (résidence secondaire, par exemple). Un recours gracieux peut être déposé dans les deux mois suivant la notification de refus.
Peut-on financer des travaux déjà réalisés ? Non. Le versement de MaPrimeAdapt’ est conditionné à l’obtention d’un accord préalable de l’Anah, avant tout commencement de travaux, sauf exceptions strictement encadrées.





