La retraite progressive permet, dès 60 ans, de réduire son temps de travail tout en percevant une fraction de sa pension de retraite, sans attendre l’âge légal de départ. Ce dispositif, accessible depuis le 1er septembre 2025, reste applicable en 2026 sous trois conditions cumulatives : l’âge, la durée d’assurance et une activité exercée à temps partiel.
Ce mécanisme séduit de plus en plus de futurs retraités, car il permet d’aménager la fin de carrière en douceur, tout en continuant à cotiser et donc à améliorer le montant de la pension définitive.
Ce guide détaille les conditions exactes d’accès en 2026, le calcul de la fraction de pension, les avantages concrets du dispositif et les démarches à suivre, salarié comme fonctionnaire ou indépendant.
Qu’est-ce que la retraite progressive ?
La retraite progressive est un dispositif qui permet de travailler à temps partiel en fin de carrière tout en touchant une partie de sa pension de retraite, avant la liquidation définitive de l’ensemble des droits. Elle est encadrée par les articles L. 351-15 et suivants du Code de la sécurité sociale.
Contrairement à un départ à la retraite classique, l’assuré n’a pas encore liquidé ses droits : il continue à travailler, à cotiser, et perçoit en parallèle une fraction de la pension à laquelle il aurait droit s’il avait cessé toute activité.
Les trois conditions cumulatives pour en bénéficier en 2026
La condition d’âge : 60 ans depuis le 1er septembre 2025
L’âge d’accès à la retraite progressive est fixé à 60 ans, en application des décrets n° 2025-680 et n° 2025-681 du 15 juillet 2025, publiés au Journal officiel le 23 juillet 2025 et entrés en vigueur le 1er septembre 2025. Cette règle demeure applicable en 2026.
Avant cette réforme, l’âge d’accès correspondait à l’âge légal de départ diminué de deux ans, ce qui repoussait progressivement le seuil d’entrée à mesure que l’âge légal augmentait vers 64 ans. Les décrets de 2025 ont fixé ce seuil à 60 ans de façon stable, quel que soit le régime concerné.
Cette règle des 60 ans s’applique-t-elle à tous les régimes ? Oui, elle concerne les salariés du secteur privé, les agents des trois versants de la fonction publique (État, territoriale, hospitalière), les salariés et non-salariés agricoles, ainsi que les professions libérales et les avocats.
La condition de durée d’assurance : 150 trimestres
Le demandeur doit justifier d’au moins 150 trimestres d’assurance vieillesse, tous régimes de retraite de base confondus. Ce seuil est identique quel que soit le statut professionnel du demandeur.
Les trimestres validés dans plusieurs régimes différents sont-ils comptabilisés ensemble ? Oui, l’ensemble des trimestres validés dans tous les régimes de base auxquels l’assuré a cotisé au cours de sa carrière sont pris en compte pour apprécier ce seuil.
La condition d’activité à temps partiel
L’assuré doit exercer une activité réduite, dont la quotité varie selon le statut professionnel.
- Salarié du secteur privé, salarié agricole
- Agent de la fonction publique (État, territoriale, hospitalière)
- Travailleur indépendant, profession libérale
Peut-on cumuler plusieurs emplois à temps partiel pour atteindre la quotité requise ? Oui, il est possible de cumuler plusieurs employeurs à temps partiel, à condition que la durée totale d’activité reste comprise dans la fourchette réglementaire et que chaque employeur soit informé de la démarche.
Comment est calculée la fraction de pension versée ?
La fraction de pension versée pendant la retraite progressive correspond, en miroir, à la part de temps non travaillée. Un salarié travaillant à 60 % d’un temps plein perçoit ainsi environ 40 % du montant de la pension complète à laquelle il aurait droit à la date de sa demande.
Ce calcul s’applique à la pension de base comme à la pension complémentaire (Agirc-Arrco pour les salariés du privé), selon des règles de versement propres à chaque régime.
Un accord entre l’employeur et le salarié peut-il neutraliser l’impact du temps partiel sur les cotisations ? Oui, avec l’accord de l’employeur, il est possible de continuer à cotiser sur la base d’un salaire à temps plein malgré une activité réduite. Le surcoût de cotisation est alors partagé entre le salarié et l’employeur, sauf accord d’entreprise plus favorable.
Quels sont les avantages de la retraite progressive ?
Continuer à cotiser pour améliorer sa pension définitive
Pendant toute la durée de la retraite progressive, l’assuré continue à valider des trimestres et à acquérir des droits à la retraite. Lors du départ définitif, la pension est intégralement recalculée en tenant compte de cette période, ce qui peut améliorer le montant final par rapport à un départ direct à taux plein.
Une transition plus douce vers la retraite
Ce dispositif permet d’éviter une rupture brutale entre vie professionnelle à temps plein et cessation totale d’activité, souvent identifiée comme un facteur de risque pour le bien-être physique et psychologique en début de retraite.
Le maintien du lien social et professionnel
La poursuite d’une activité réduite permet de conserver un cadre professionnel, des relations sociales et un rythme de vie structuré, tout en dégageant du temps pour d’autres projets personnels.
La retraite progressive garantit-elle un revenu total équivalent au salaire à temps plein ? Non, le cumul entre le salaire à temps partiel et la fraction de pension reste généralement inférieur au salaire à temps plein initial. L’écart dépend directement de la quotité de travail choisie.
Retraite progressive et cumul emploi-retraite : quelle différence ?
Ces deux dispositifs permettent tous deux d’associer revenus d’activité et pension de retraite, mais à des moments distincts du parcours.
Depuis le 1er septembre 2025, la retraite progressive est accessible dès 60 ans, sous réserve de justifier de 150 trimestres d’assurance et d’exercer une activité à temps partiel comprise entre 40 % et 80 % pour les salariés du privé, ou entre 50 % et 90 % pour les agents publics.
Peut-on passer de la retraite progressive au cumul emploi-retraite ? Oui, au moment du départ définitif à la retraite, l’assuré peut ensuite reprendre ou poursuivre une activité dans le cadre du cumul emploi-retraite, une fois l’ensemble de ses droits liquidés.
Comment faire la demande de retraite progressive en 2026 ?
La démarche se déroule en deux temps distincts : l’accord de l’employeur, puis le dépôt du dossier auprès de la caisse de retraite.
- Adresser une demande écrite à l’employeur, par lettre recommandée avec accusé de réception, au moins deux mois avant la date souhaitée, en précisant la quotité de temps partiel envisagée.
- Attendre la réponse de l’employeur : l’absence de réponse motivée dans un délai de deux mois vaut accord tacite. En cas de refus, celui-ci doit être justifié par l’incompatibilité de la réduction du temps de travail avec l’activité économique de l’entreprise.
- Signer un avenant au contrat de travail, précisant la nouvelle quotité de travail et sa date d’effet.
- Déposer une demande de retraite progressive auprès de sa caisse de retraite (CARSAT pour le régime général, CNRACL ou service des retraites de l’État pour la fonction publique), au moins quatre mois avant la date d’entrée souhaitée dans le dispositif, avec l’attestation employeur à l’appui.
- Recevoir la notification précisant le montant de la fraction de pension versée et sa date de mise en œuvre.
L’employeur peut-il refuser sans justification le passage à temps partiel ? Non, depuis les évolutions réglementaires en vigueur, l’employeur doit motiver tout refus par des raisons liées à l’organisation de l’entreprise, notamment les conséquences sur la continuité du service ou les difficultés de recrutement.
Cas particuliers selon le statut professionnel
- Fonctionnaires : le dispositif, ouvert aux trois versants de la fonction publique depuis le 1er septembre 2023 (décret n° 2023-751 du 10 août 2023), applique une quotité de temps partiel comprise entre 50 % et 90 %, contre 40-80 % dans le privé.
- Travailleurs indépendants et professions libérales : les règles d’appréciation de la réduction d’activité diffèrent selon la nature de l’activité exercée, avec des modalités spécifiques à chaque caisse de retraite concernée.
- Exploitants agricoles : la retraite progressive agricole suit des règles particulières liées à la nature de l’exploitation et à la déclaration du temps de travail.
La retraite progressive est-elle compatible avec un contrat à durée déterminée ? Le dispositif nécessite un contrat de travail en cours au moment de la demande ; un licenciement ou une rupture conventionnelle en cours de retraite progressive met fin au dispositif, sauf reprise d’une nouvelle activité compatible.





