Pour protéger un senior des arnaques en ligne, trois réflexes sont recommandés par les organismes officiels : ne jamais communiquer de code reçu par SMS, ne jamais rappeler un numéro figurant dans un message suspect, et toujours vérifier auprès de sa banque via le numéro inscrit au dos de la carte. En cas de doute, raccrocher et prendre le temps de la réflexion est la meilleure protection.

Le hameçonnage reste la première menace numérique en France : Cybermalveillance.gouv.fr a assisté plus de 500 000 victimes en 2025, soit 20 % de plus qu’en 2024. Les fraudes au faux conseiller bancaire ont progressé de 159 % sur la même période.

Ce guide présente les arnaques les plus courantes, les réflexes de protection, les droits au remboursement et les démarches à engager pour une victime.

Les chiffres de la cybermalveillance en France

Le hameçonnage est la première menace numérique en France, devant le piratage de comptes et les fuites de données. C’est ce que montre le rapport d’activité 2025 de Cybermalveillance.gouv.fr, plateforme publique d’assistance aux victimes.

Indicateur (rapport 2025)
Évolution
Victimes assistées
Plus de 500 000, soit +20 % par rapport à 2024
Hameçonnage (menace n° 1)
+70 %
Fraude au faux conseiller financier
+159 %
Fraude au virement
+170 %
Usurpation de numéro de téléphone
+517 %
Placements financiers frauduleux
+277 %

Ces chiffres concernent l’ensemble des publics. La plateforme ne publie pas de répartition de ces hausses par tranche d’âge.

Les seniors sont-ils plus touchés que les autres ? Les données disponibles ne permettent pas de l’affirmer de façon générale. Le baromètre Ipsos 2026 de Cybermalveillance.gouv.fr indique que 53 % des Français ont été confrontés à une tentative d’hameçonnage en 12 mois, tous âges confondus. Chez les 55-75 ans, 74 % déclarent n’avoir subi aucun préjudice après une fuite de données, et 68 % deviennent plus vigilants face aux messages et appels inconnus.

Les arnaques les plus fréquentes visant les seniors

Pour se protéger des arnaques en ligne, un senior ne doit jamais communiquer un code reçu par SMS ni rappeler le numéro d’un message suspect, mais appeler sa banque via le numéro inscrit au dos de la carte ; en cas de fraude, il doit contester l’opération sans délai (art. L.133-18 du Code monétaire et financier), déposer plainte et signaler les faits à Info Escroqueries (0 805 805 817).

L’arnaque au faux conseiller bancaire

L’arnaque au faux conseiller bancaire consiste à se faire passer pour la banque afin d’obtenir la validation de paiements ou de virements par la victime elle-même.

Le scénario type commence par un SMS ou un e-mail annonçant une opération suspecte, avec un numéro d’« opposition » à appeler. Le faux conseiller demande ensuite de valider une opération dans l’application bancaire, présentée comme une annulation alors qu’elle déclenche un paiement réel.

Cybermalveillance.gouv.fr recense plusieurs variantes : récupération de la carte par un faux coursier après communication du code, prise de contrôle de l’écran à distance, demande de coupons prépayés (type Transcash).

Comment reconnaître un faux conseiller bancaire ? Il crée un sentiment d’urgence, demande de valider une opération « pour annuler une fraude », et peut afficher le vrai numéro de la banque grâce à l’usurpation de numéro (spoofing). Une vraie banque ne demande jamais un code reçu par SMS ni le code confidentiel de la carte.

Le faux support technique

L’arnaque au faux support technique repose sur un message d’alerte (fenêtre bloquante, e-mail, appel) prétendant qu’un virus a infecté l’ordinateur. Le fraudeur propose une « assistance » à distance payante, puis prend le contrôle de l’appareil ou de la banque en ligne.

Le hameçonnage par SMS et e-mail

Le hameçonnage (phishing) usurpe l’identité d’un organisme connu : livraison de colis, impôts, Assurance Maladie, amendes, Banque de France. Le message invite à cliquer sur un lien menant à un faux site qui collecte identifiants et coordonnées bancaires.

L’Assurance Maladie, les impôts et la CAF ne demandent jamais de coordonnées bancaires par SMS ni par e-mail.

L’arnaque sentimentale

L’arnaque sentimentale s’appuie sur une relation nouée en ligne (réseaux sociaux, site de rencontres). Après des semaines de confiance, l’escroc invente une urgence (hospitalisation, voyage, douane) et réclame de l’argent.

Comment repérer une arnaque sentimentale ? Dès qu’un correspondant jamais rencontré demande de l’argent, il s’agit d’une alerte. La seule réponse sûre est l’arrêt immédiat des versements et le signalement.

Les faux placements financiers

Les placements frauduleux (cryptomonnaies, forex, « investissements garantis ») promettent des rendements élevés et sans risque. Ils ont progressé de 277 % selon Cybermalveillance.gouv.fr en 2025. Un rendement garanti élevé est un signal d’alerte.

Les 7 réflexes de protection au quotidien

  1. Ne jamais communiquer un code reçu par SMS (code de validation, 3D Secure, code de l’application bancaire), à quiconque, même à un interlocuteur se disant de la banque.
  2. Ne jamais rappeler le numéro d’un message suspect : appeler la banque via le numéro inscrit au dos de la carte ou dans l’application officielle.
  3. Ne jamais cliquer sur un lien reçu par SMS ou e-mail pour se connecter à un compte : saisir l’adresse du site soi-même.
  4. Refuser toute prise de contrôle à distance de l’ordinateur ou du téléphone, sauf auprès d’un prestataire que l’on a soi-même contacté et identifié.
  5. Prendre le temps : une demande urgente d’argent ou de validation est un signal d’alerte, la réflexion neutralise la manipulation.
  6. Utiliser des mots de passe différents pour les comptes importants (banque, messagerie), idéalement via un gestionnaire de mots de passe.
  7. En parler à un proche avant de payer ou de valider : un second avis suffit souvent à déjouer l’arnaque.
Un homme senior victime d'une arnaque en ligne

Que faire en cas d’arnaque : les démarches pas à pas

La victime doit agir vite : contacter sa banque immédiatement, déposer plainte, puis signaler l’escroquerie aux plateformes officielles.

Étape
Démarche
Précision
1
Contacter sa banque
Faire opposition à la carte, contester les opérations, par le numéro officiel
2
Changer ses mots de passe
Messagerie, banque en ligne, comptes compromis
3
Conserver les preuves
Captures d'écran des SMS, e-mails, numéros d'appel
4
Déposer plainte
Au commissariat ou à la gendarmerie, ou en ligne via la plateforme THESEE (Ma Sécurité)
5
Signaler
Signal Spam (e-mails), 33700 (SMS), Perceval (carte bancaire), Pharos (contenus illicites)
6
Se faire conseiller
Info Escroqueries : 0 805 805 817 (gratuit, du lundi au vendredi, 9 h - 18 h 30)
7
Chercher une assistance
Plateforme Cybermalveillance.gouv.fr pour un diagnostic et la mise en relation avec un professionnel

Info Escroqueries prend-elle les plaintes ? Non, la plateforme informe, conseille et oriente les victimes. La plainte se dépose au commissariat, à la gendarmerie, en ligne via THESEE ou par courrier au procureur de la République.

Remboursement après une fraude bancaire : quels droits ?

Une banque doit en principe rembourser une opération de paiement non autorisée, sauf négligence grave du client. Ce cadre est fixé par les articles L.133-18 et L.133-19 du Code monétaire et financier.

Le remboursement n’est toutefois pas automatique. Lorsqu’un client valide lui-même une opération avec une authentification forte (code, application), la banque peut invoquer une négligence grave pour refuser de rembourser. C’est à la banque de démontrer cette négligence.

Comment maximiser ses chances de remboursement ? En contestant l’opération sans délai auprès de sa banque, en conservant toutes les preuves de la manipulation (SMS, captures d’écran, numéros d’appel) et en déposant plainte rapidement.

Une banque peut-elle refuser un remboursement après une arnaque au faux conseiller ? Oui, mais elle doit justifier son refus. Le client peut alors saisir le médiateur bancaire, puis la justice. Plusieurs tribunaux ont jugé que la simple validation d’une opération sous manipulation ne caractérise pas automatiquement une négligence grave.

Comment accompagner un proche senior sans le surprotéger ?

L’objectif est de préserver l’autonomie numérique d’un proche en renforçant sa vigilance, sans l’infantiliser.

  • Dialoguer sans jugement : rappeler que les arnaques visent tous les âges et sont conçues pour tromper des personnes vigilantes.
  • Définir ensemble une règle simple : ne jamais valider une opération sans rappeler sa banque via le numéro officiel.
  • Installer des protections : filtres anti-spam, mises à jour automatiques, antivirus, verrouillage de l’écran.
  • Proposer un plafond de paiement ou de virement abaissé, avec l’accord de la personne et de sa banque.
  • Rester disponible : un proche qui ose avouer avoir été piégé permet de limiter les dégâts plus vite.

Existe-t-il des ateliers pour apprendre à se protéger ? Oui, de nombreuses communes, CCAS, médiathèques et associations proposent des ateliers numériques. Le dispositif des conseillers numériques France Services peut aussi accompagner les démarches en ligne.

Résidences seniors : un rôle de prévention possible

Les résidences autonomie et résidences services seniors organisent fréquemment des ateliers de prévention (numérique, sécurité, arnaques) à l’intention de leurs résidents. Ces ateliers constituent un relais utile, en complément des ressources officielles.