La Journée mondiale de la physiothérapie a lieu chaque année le 8 septembre. Ses éditions récentes mettent l’accent sur le vieillissement en bonne santé, avec un focus sur la prévention de la fragilité et des chutes chez les personnes âgées.
En France, les chutes représentent un enjeu de santé publique majeur : elles ont provoqué 174 824 hospitalisations et 20 148 décès chez les personnes de 65 ans et plus en 2024, selon Santé publique France. Le kinésithérapeute joue un rôle central dans la prévention de ces accidents, en travaillant l’équilibre, la force musculaire et la coordination.
Cet article explique l’origine de cette journée mondiale, les chiffres clés des chutes en France, le rôle concret du kinésithérapeute dans le maintien de l’autonomie, et les conditions de prise en charge par l’Assurance Maladie.
La Journée mondiale de la physiothérapie : origines et objectifs
La Journée mondiale de la physiothérapie est célébrée chaque année le 8 septembre, à l’initiative de l’organisation World Physiotherapy (anciennement Confédération Mondiale pour la Physiothérapie, WCPT). Cette date commémore la fondation de l’organisation en 1951, et la journée elle-même a été instaurée en 1996.
World Physiotherapy regroupe des associations professionnelles de physiothérapeutes et kinésithérapeutes de plus de 120 pays. En France, cette journée est relayée par l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes (Ordre MK) et les organisations professionnelles de la profession.
L’objectif de cette journée est double : sensibiliser le grand public au rôle de la kinésithérapie dans la prévention, le traitement et la rééducation, et renforcer la reconnaissance de cette profession dans les systèmes de santé.
Le thème change-t-il chaque année ? Oui, chaque édition met en avant une thématique spécifique. Les éditions récentes ont notamment porté sur l’arthrose, l’arthrite, puis sur le vieillissement en bonne santé, avec un accent particulier sur la prévention de la fragilité et des chutes.
Les chutes chez les seniors : un enjeu de santé publique en France
Une chute chez une personne âgée n’est jamais un événement anodin : elle peut déclencher une spirale de perte d’autonomie, entre peur de rechuter, réduction de l’activité physique et affaiblissement musculaire progressif.
La Journée mondiale de la physiothérapie, célébrée chaque 8 septembre par World Physiotherapy, met l’accent sur le rôle des kinésithérapeutes dans la prévention des chutes et de la fragilité chez les seniors, alors que la France a enregistré 174 824 hospitalisations et 20 148 décès liés aux chutes chez les 65 ans et plus en 2024.
Ces données, publiées par Santé publique France, montrent une tendance préoccupante : malgré le Plan Antichute des Personnes Âgées (PAPA), lancé en 2022 par la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS) avec un objectif de réduction de 20 % des chutes graves, les indicateurs continuent de progresser.
Le risque de chute est-il identique à tous les âges ? Non, il augmente fortement avec l’âge. Les personnes de 85 ans et plus présentent un taux d’hospitalisation 8,6 fois plus élevé et un taux de mortalité 29 fois plus élevé que les personnes de 65 à 74 ans.
Le rôle du kinésithérapeute dans la préservation de la mobilité
Prévenir la fragilité et la sarcopénie
La sarcopénie désigne la perte progressive de force et de masse musculaire liée à l’âge. Elle constitue l’un des principaux facteurs de fragilité chez les seniors, augmentant le risque de chute et de perte d’autonomie.
Le kinésithérapeute élabore un programme d’exercices personnalisé, en augmentant progressivement la résistance et l’intensité, pour limiter cette perte musculaire et préserver les capacités aérobies et pulmonaires.
Travailler l’équilibre et la coordination
Au-delà de la force musculaire, le travail de l’équilibre et de la coordination constitue un axe central de la prévention des chutes. Le kinésithérapeute évalue les capacités d’équilibre statique et dynamique, puis propose des exercices ciblés pour les renforcer.
Ce travail contribue également à limiter le syndrome de la peur de chuter, un mécanisme psychologique qui pousse certaines personnes âgées à réduire leur activité par crainte de tomber, ce qui accélère paradoxalement le déconditionnement physique.
Accompagner la rééducation après une chute ou une chirurgie
Après une chute ayant entraîné une fracture (col du fémur notamment) ou une intervention chirurgicale, le kinésithérapeute intervient dans la phase de rééducation, pour restaurer la mobilité, la force et l’autonomie fonctionnelle de la personne.
Combien de temps dure une rééducation après une fracture du col du fémur ? La durée varie selon l’âge, l’état de santé général et les suites opératoires, allant généralement de plusieurs semaines à plusieurs mois de rééducation, en établissement puis à domicile ou en ambulatoire.
Kinésithérapie et activité physique adaptée : quelle différence ?
Ces deux approches sont complémentaires mais ne relèvent pas du même cadre.
- La kinésithérapie est un acte de soin, prescrit sur ordonnance par un médecin, réalisé par un professionnel de santé (masseur-kinésithérapeute), pour traiter une pathologie ou accompagner une rééducation.
- L’Activité Physique Adaptée (APA), encadrée par le décret n° 2016-1990 du 30 décembre 2016, peut être prescrite par le médecin traitant pour les patients atteints d’une affection de longue durée (ALD), et dispensée par des professionnels formés (kinésithérapeutes, éducateurs sportifs spécialisés), dans une logique de prévention et de maintien des capacités physiques sur le long terme.
Un senior sans ALD peut-il bénéficier d’une activité physique adaptée ? Oui, en dehors du cadre de la prescription médicale liée à l’ALD, de nombreux ateliers d’activité physique adaptée pour seniors sont proposés par les collectivités locales, les CCAS ou les caisses de retraite, dans une logique de prévention primaire.
Quelle prise en charge par l’Assurance Maladie ?
La prise en charge diffère selon que l’intervention du kinésithérapeute relève du soin curatif ou de la prévention primaire, une distinction essentielle à connaître.
Les actions collectives de prévention des chutes (ateliers équilibre, par exemple) peuvent être financées par la Conférence des financeurs de la prévention de la perte d’autonomie, un dispositif départemental créé par la loi n° 2015-1776 du 28 décembre 2015 (loi ASV), coordonné avec l’appui de la CNSA.
Faut-il une ordonnance pour consulter un kinésithérapeute ? Oui, dans le cadre du parcours de soins coordonné, une prescription médicale reste nécessaire pour que les séances de rééducation soient prises en charge par l’Assurance Maladie.
Comment accéder à un accompagnement en kinésithérapie ou en prévention des chutes ?
Plusieurs portes d’entrée existent selon la situation et les besoins de la personne concernée.
- Consultation du médecin traitant : pour obtenir une prescription de séances de kinésithérapie ou d’activité physique adaptée, notamment en cas d’antécédent de chute ou de pathologie chronique.
- Bilan de prévention aux âges clés (60-65 ans, 70-75 ans) : ce rendez-vous, pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie, permet d’aborder la prévention des chutes et d’orienter vers les ressources adaptées.
- Ateliers collectifs locaux : proposés par les CCAS, les caisses de retraite ou les résidences autonomie, souvent gratuits ou à coût réduit grâce au financement de la Conférence des financeurs.
- Annuaire de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes : disponible en ligne pour trouver un professionnel proche de son domicile.
Peut-on bénéficier d’un accompagnement en kinésithérapie directement en résidence senior ? Oui, un kinésithérapeute libéral peut intervenir directement au domicile privatif du résident, en résidence autonomie comme en résidence services seniors, sur prescription médicale, au même titre qu’à un domicile classique.





