Un accident vasculaire cérébral (AVC) est une urgence médicale : devant un visage qui se déforme, un bras qui ne se lève plus ou des mots qui ne viennent pas, il faut appeler immédiatement le 15 ou le 112. Chaque minute compte, car les traitements ne sont efficaces que dans un délai court.
La Journée mondiale de l’AVC a lieu chaque année le 29 octobre. En 2026, la World Stroke Organization a choisi le thème « Every M1nute Counts » (chaque minute compte). En France, près de 122 000 adultes ont été hospitalisés pour AVC en 2022, avec un âge moyen de 73 ans.
Ce guide présente les signes d’alerte, la conduite à tenir, les traitements, les chiffres de Santé publique France et l’accompagnement après un AVC.
Qu’est-ce qu’un AVC ?
Un AVC est la perte soudaine d’une ou plusieurs fonctions du cerveau, causée par une lésion d’un vaisseau sanguin. C’est la définition donnée par l’Assurance Maladie.
Il existe deux grands types :
Qu’est-ce qu’un AIT ? L’accident ischémique transitoire est une obstruction très brève d’une artère, sans lésion du cerveau. Ses symptômes disparaissent en moins d’une heure. C’est un signal d’alarme : un AVC plus grave peut survenir dans les jours suivants. Il faut appeler le 15 comme pour un AVC.
Les chiffres de l’AVC en France
Les données de Santé publique France (BEH hors-série de mars 2025, données 2022) donnent l’ampleur du problème.
Le taux d’hospitalisation passe de 25,8 pour 100 000 habitants entre 18 et 44 ans à 1 363,7 pour 100 000 après 85 ans.
L’AVC est-il fréquent chez les seniors ? Oui. L’âge est le premier facteur de risque non modifiable. Selon l’Assurance Maladie, l’AVC est la première cause de handicap physique acquis chez l’adulte, la deuxième cause de démence et la deuxième cause de mortalité, la première chez les femmes.
Les décès par AVC reculent depuis les années 1980. En revanche, l’incidence des AVC ischémiques augmente depuis une quinzaine d’années chez les moins de 65 ans.
Reconnaître un AVC : les signes d’alerte
Les signes d’un AVC sont brutaux et surviennent le plus souvent d’un seul côté du corps. L’Assurance Maladie en cite plusieurs :
- perte de force ou engourdissement d’un bras, parfois impossibilité de le lever ;
- engourdissement ou faiblesse d’une jambe ;
- engourdissement du visage ou impossibilité de sourire, lèvre tombante d’un côté ;
- difficulté à parler, à trouver ses mots ou à comprendre ;
- perte soudaine de l’équilibre ;
- mal de tête intense, brutal et inhabituel ;
- trouble de la vision, même temporaire.
Devant un visage paralysé, un membre qui ne bouge plus ou un trouble de la parole (méthode VITE), il faut appeler immédiatement le 15 ou le 112 : en France, plus de 122 000 adultes ont été hospitalisés pour AVC en 2022, avec un âge moyen de 73 ans, et la thrombolyse doit être réalisée au plus tard 4 h 30 après les premiers symptômes.
Le moyen mnémotechnique VITE
Un seul signe suffit-il à appeler les secours ? Oui. Un seul symptôme brutal justifie l’appel, même s’il disparaît. Il vaut mieux appeler pour rien que tarder.
Que faire en cas d’AVC ? La conduite à tenir
En cas de suspicion d’AVC, il faut appeler le 15 ou le 112 sans attendre, même dans le doute. Les personnes sourdes ou aphasiques peuvent utiliser le 114.
Les gestes recommandés par l’Assurance Maladie :
- Noter l’heure d’apparition des premiers signes : elle conditionne les traitements.
- Installer la personne assise ou allongée. Si elle est inconsciente, la mettre en position latérale de sécurité.
- Ne pas la faire boire ni manger.
- Ne donner aucun médicament, même habituel.
- Rassurer la personne en lui disant que les secours arrivent.
- Rassembler les ordonnances et les derniers examens de sang.
- Rester en ligne avec le médecin régulateur tant qu’il ne demande pas de raccrocher.
Peut-on attendre de voir si cela passe ? Non. Les symptômes d’un AIT disparaissent en moins d’une heure, mais ils annoncent un risque d’AVC plus grave dans les jours qui suivent.
Pourquoi la rapidité change tout : les traitements
Plus le traitement est précoce, plus il limite les séquelles. Selon l’Assurance Maladie, deux traitements d’urgence existent pour l’AVC ischémique :
La prise en charge de la phase aiguë se déroule dans une unité neurovasculaire. Le traitement dépend du type d’AVC, ce que seuls les examens d’imagerie à l’hôpital permettent de déterminer.
Pourquoi appeler le 15 plutôt que le médecin traitant ? Le 15 met en relation avec un médecin régulateur, qui organise la prise en charge urgente. Les délais de traitement étant très courts, un appel au cabinet du médecin traitant fait perdre un temps précieux.
Les facteurs de risque : prévenir plutôt que subir
L’âge est un facteur de risque : selon l’Assurance Maladie, le risque augmente à partir de 50 ans chez l’homme et de 60 ans chez la femme.
Les autres facteurs de risque, cités par l’Assurance Maladie, sont :
- l’hypertension artérielle ;
- le diabète ;
- la fibrillation auriculaire, un trouble du rythme cardiaque ;
- le tabac et l’alcool ;
- le cholestérol élevé ;
- l’obésité et la sédentarité.
Un senior peut-il réduire son risque ? Oui, en agissant sur les facteurs modifiables : suivre sa tension, son cholestérol et son diabète, arrêter le tabac, pratiquer une activité physique. Le bilan de prévention gratuit aux âges clés (60-65 ans et 70-75 ans) est un moment pour faire le point.
Après l’AVC : rééducation, suivi et autonomie
La rééducation commence dès que l’état de la personne le permet. Elle associe kinésithérapie, orthophonie et ergothérapie, et se poursuit à l’hôpital, à domicile ou en centre spécialisé. Elle vise à limiter les complications et à préserver l’autonomie.
Les repères officiels de l’Assurance Maladie pour l’après-AVC :
- Prévention secondaire : antiplaquettaires ou anticoagulants selon la cause, arrêt du tabac, activité physique, suivi de la tension, du cholestérol et du diabète.
- Prise en charge à 100 % (ALD) : le médecin traitant peut demander l’exonération du ticket modérateur. Les soins liés à l’AVC sont alors remboursés à 100 % dans la limite des tarifs de l’Assurance Maladie.
- Retour à domicile : le service Prado organise, si la personne l’accepte, les premiers rendez-vous de suivi et, si besoin, un accompagnement social.
Autonomie, logement et aides
Un AVC peut laisser des séquelles : paralysie (présente à l’admission dans 52,6 % des AVC ischémiques et 37,3 % des AVC hémorragiques), troubles du langage ou de la mémoire. Le niveau de perte d’autonomie est évalué avec la grille AGGIR.
Peut-on retourner vivre à domicile après un AVC ? C’est souvent possible avec de la rééducation et des aides, selon les séquelles. L’équipe hospitalière et l’assistante sociale évaluent la situation avant la sortie. Le choix entre domicile, résidence senior et EHPAD dépend de l’autonomie et de l’entourage.
L’AVC donne-t-il droit à l’APA ? L’APA est attribuée selon le niveau de perte d’autonomie (GIR 1 à 4), pas selon la maladie. Une personne de 60 ans ou plus, évaluée en GIR 1 à 4, peut en bénéficier.
La Journée mondiale de l’AVC en 2026
La Journée mondiale de l’AVC est organisée chaque 29 octobre par la World Stroke Organization. L’édition 2026 reprend le thème « Every M1nute Counts », avec le message : « Apprenez les signes de l’AVC aujourd’hui, changez une vie demain. » Elle marque aussi les 20 ans de la campagne mondiale.
Selon l’organisation, plus de 100 millions de personnes dans le monde ont déjà vécu un AVC.





